Dimanche 16 septembre 2007
kid-acne-romance-aint-dead.jpgKid Acne - Romance Ain't Dead


Trax parlait toujours de The Streets.
Trax découvrent Jamie T, ils comparent à The Streets.
Trax aiment Plan B, ça ressemble à The Streets.

Comment oublier de parler d’un mec avec un nom pareil ?
Kid Acne, qui se veut plus qu’un énième MC British, est apparu dans les années 2000.
Il a déjà réalisé deux excellents albums « Rap Traffic » et « Council Pop », accompagnés d’une flopée de maxis.
Également graphiste, tu as peut-être déjà vu son travail sur quelques covers d’album, dans de jolis livres et sur les murs.

Demain, c’est son nouvel album que tu pourras trouver dans les bacs à disques.
C’est aussi le meilleur.
Kid Acne a eu carte blanche et sert un album qui ne peut plus seulement se classer dans le genre Hip Hop.

Entrée en matière avec « Eddy Fresh » hip hop oldshool en mode rouleau compresseur, puissant comme un Mentos dans une bouteille de Coca.
« Oh no you didn’t » ne vous laissera aucun répit puisqu’il s’agit ici d’un genre de ska punk bien enervé où l'on sent monsieur Acne très impliqué. Headbangin' et pogos bienvenus.
Le rythme se calme. « Don’t pity me » au beat électronique bien heavy, est encore un monstre d’efficacité, et je rêve d’un Modeselektor feat. Kid Acne.
Je te laisse juger de « Roc Roc Radio » clippé plus bas, qui me fait un peu penser à « 99 problems » de Jay-Z (instru des couplets).
Un peu de douceur dans ce monde de brute, ambiance bal amoureux pour « Fcuk All Lately » où Kid Acne conte ses histoires sentimentales.
« 2, 3, Break it »  a un kick bien speed, une grosse guitare saturée et Acne boy. Ça donne un punk couillu, avec des poils, un gros truc bien chanmé qui donne à croire que toute personne ne réagissant pas à ce track est complètement sourde.

Pour le reste, tu trouveras des beats javellisés, crus, simples et efficaces, mais aussi une batterie délurée et un Kid Acne dont l’énergie fait déjà des jaloux parmi les lapins Duracel.

Assurément à posséder.

Kid Acne - Oh No You Didn't
Kid Acne - Worst Luck  
 
par Maxime Gouache
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Samedi 15 septembre 2007
 

No. It’s Supermayer.

Supermayer c’est la géniale fusion Michael Mayer (boss de kompakt) / Superpitcher (le monsieur mélodie du même label).
« Save The World », c’est un peu la surprise Kompakt. Le disque que personne n’attendait. On a tous été habitué à Total & Speicher, techno teutonne made in Cologne qui n’a plus sa réputation à faire quant à son efficacité et sa qualité.

Évidemment depuis l’arrivée du fluo, il arrive que nos amis technoïdes d’outre-Rhin s’en prennent plein la gueule. Musique dite froide, de drogués, molle, les superlatifs sont là et Kompakt en tant que fer de lance culturel germanique fait souvent les frais de tous ces préjugés.

Sauf que Kompakt produit plus de techno que de minimal. Et que ce label a un véritable son, ce groove dément que vous retrouvez dans quasiment chaque production.
Écoutez, vous verrez.

« Save The World », c’est un peu une invitation du label. « Apprenez à me connaître ».

Je t'explique pourquoi.

« The Art  of Letting Go », précédé de « Hey », l’intro carillon, est une invitation à se laisser aller, sortir de toute étiquette, pour embarquer à bord du délicieux vol Supermayer.
« Let’s get to it relax, let me go ». La batterie se met en marche, rapidement rejointe par une bonne grosse ligne de basse, trompette et cloche, et quelques notes soufflées par le synthé. Tout ce petit monde se relaie, s’accorde, et crée une fois de plus le groove Kompakt, reconnaissable entre mille, si vous possédez comme moi une bonne partie de la discographie du label.
« Saturndays », la batterie se technoïse, et apparaît une bassline lourde, implacable, qui emplit à elle seule toute la pièce. Das ist Kompakt.
Le trippé « superbrain transmission » a quelque chose de l’electronica experimentale. Il fait tapis rouge au nettement plus pop « Us and Them » ou les trompettes font leur retour, et je remarque cette étrange tonalité rétro, présente dès le début de l’album.
Interlude et ouverture à la flûte traversière pour l’ambiancée mais non moins excellente ballade de cowboy solitaire, d’ailleurs intitulée « Lonesome King ».

Il est frappant de voir que chaque morceau explore un registre différent en étant une réussite totale.
Ainsi « Please Sunrise » est un véritable bijou techno-pop, fruit logique de l’alliance des deux producteurs géniaux. « Planet of the Sick » ressemble à une reprise ravey du « Bar à Thym » de Kerri Chandler, et « Two Of Us », imparable rouleau compresseur, fait figure d’anthem de la techno musclée made in Cologne.

C’est « Cocktail For Two », track laptop folk druggy, qui clôt un peu plus d’une heure de voyage initiatique aux riches sonorités Kompakt.

Voyage qui t’aura finalement incité à fouiner un peu plus dans un des meilleurs bacs à disques de ton revendeur
préféré,

So now you’re safe.

Sortie le 24 Septembre.

EP Two of Us déjà disponible

Supermayer - Two Of Us (original mix)

Supermayer - The Art Of Letting Go


Supermayerspace

par Maxime Gouache
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Samedi 15 septembre 2007
we-love.jpg
       Disney Land
                                                                une nouvelle de Maxime Gouache



Je me suis levé à 6h30 vendredi dernier.
J’ai pris le train pour aller passer un concours qui m’a laissé troisième sur liste d’attente. Je me suis dit que j’irais quand même à la We Love pour oublier cette malheureuse aventure. Mais pourquoi ma vidéo avec des Flanby qui dansent sur Hot Butter n’a pas convaincu le jury ?

Je mange un peu et pars rejoindre, Absolut dans le sac, mes camarades de soirée déjà éthérés. On compose un hymne pour chaque station de métro en frappant assidûment sur les vitres et dans les mains. Notre tube s’appelle « les putes de gare de Lyon ».

Arrivés à la station We Love, on suit les gens les plus fluos pour savoir par où c’est la fête.
Le parking est blindé, et un mec harcèle le staff parce qu’une Mini Cooper l’empêche de rentrer voir ses enfants malades. Il veut des gens pour la soulever et la déplacer. Je me planque.
Le fait d’être invité me donne le droit de faire la queue plus longtemps et de recevoir un bracelet fluo, avec « we love you » marqué dessus. Ça m’a fait beaucoup plaisir.

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Le portail passé, on entre à Disneyland, c’est là que je comprends pourquoi on parle de fluo KIDS. C’est plutôt sérieux comme trip. Il y  à même un château gonflable.

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J’appelle mes potes qui ont moins fait la queue que moi : « t’es où ? » « À côté du bâtiment rose ».

Il y a trois bâtiments, dont deux emplis de lumière rose. Le troisième est un chalet qui sert de vestiaire. J’abandonne ma quête d’amis et part faire le tour du proprio, armé de mon petit Lumix, plutôt compétent.

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Je rentre dans la grande salle de droite, où Sebastian joue.
Ce mec me fait penser physiquement à mâchoire d’acier dans James Bond, j’avais besoin de vous le dire. Les gens ont tous les bras en l’air et ils n’arrêteront jamais puisqu’il ne passe que des tubes. Du Ed Banger, du Oizo, du Prodigy, du Outlander etc etc. C’est un peu un Guetta qui passe les nouveaux hits club.


Je me jette corps perdu dans la foule dégénérée, attrape un regard féminin des yeux, mais le Lumix ne suit pas elle est trop rapide. Il me faudra un bon quart d’heure pour braver la masse humaine jusqu’au-devant de la scène où je retrouve mes super caupains. Je me sens un peu vieux malgré mon age parmi tous ces jeunes qui ont le nez collé à leur flaconnet de Poppers.

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Je canarde à gauche à droite avant de remarquer que la machine à fumée et le flash ne sont pas compatibles. On décide de sortir de l’étuve avant que Sebastian nous lâche encore du ATB modernisé.

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On retrouve le lieu le plus magique de Walt Disney, le lac. Qualifié de « transplantal » par un anonyme, il a en effet quelque chose de ça. J’ai l’impression d’être resté des heures au bord de cette étendue aqueuse, complètement hypnotique. La magie pour certains, c’était aussi de pisser dedans, et je dois dire que ça avait quelque chose de beau, en plus de l’espace éligible pour assise que ça dégageait.

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Je suis ensuite retourné dans la grande salle de droite voire Sebastian se barrer et DJ Koze commencer son set. Il fut triste de voire l’ouverture d’esprit d’une grande partie du public, qui s’en allât en même temps que mâchoire d’acier, sans même laisser à celui que l’on nomme Adolf Noise, le temps d’entamer son set.
Ce mouvement de foule a dégagé beaucoup de place, ce qui m’a permis de découvrir le phénomène Tecktonik en live. À savoir deux mecs gesticulant dans tous les sens sur de la minimal d’Outre-Rhin. Ils furent vite rejoints par des gens peu tolérants, qui entamèrent un clash, en mode danse du crabe versus Tecktonik. C’était super drôle, et je ne m’épancherais pas sur la scène qui pourrait faire l’objet d’un article à elle seule.


C’est en m’approchant de la deuxième salle que je compris avec déception que j’avais raté tous les lives de la soirée. À ce moment précis, j’en ai voulu très fort au public trop nombreux et peu coopératif de Sebastian, qui m’a retenu prisonnier de la salle aux sons trop populaires, ainsi qu’au lac, qui a dû m’hypnotiser pendant un bon moment.
Je rentre quand même dans la salle, ou je trouve une déco typique maison close, lustre violet et compagnie.
Data me surprend par son absence de look, fait rarissime dans le monde de la nuit. Il enchaîne « Satisfaction » de Benassi et « My Friend Dario » de Vitalic, et ça passe aussi bien qu’une banane au nutella. Je fais un peu de peumpideup puis me casse, lassé du public toujours accro au poppers. « T’en veut ? »


Non merci. Dehors il fait toujours aussi fluo, et je contemple un mec qui danse la Tecktonik sur la terre sèche. Ça fait des effets de fumée.
On m’apprend que des gens sont allés dans le lac, et que d’autres ont vu les poings des services de sécurité, qui n’avaient d’autre utilité que d’éradiquer une rixe naissante au bord de l’eau.
Un mec qui nomme son affectivement son pote « poulet » savoure les vertus de la polygamie avec trois outres à bière typées femelles.
Une fille vomit toute seule sur son transat.
Je décide de m’éloigner du lac, devenu dangereux.

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The Whignomy Brothers font du ping-pong. La molesse ou plutôt la douceur de celui qui passa du Visnadi, minimale cosmique que j’avais pu entendre sur le mix de Prins Thomas, a quelque chose de beau et d’apaisant. Son frère, plus énergique, sans délaisser la qualité, fait démarrer « Saccades » de Secret Cinema. Le soundsystem Funktion One est vraiment excellent.


Après cette scéance d’hypnose sonore, je prends la direction de la sortie, zombifié. Même le « Cif » de Tekel balancé par Detect à mon passage devant la maison close ne parviendra pas à me faire revenir à la conscience.

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La navette pour le metro est blindée de freaks en tout genre, parmi lesquels un quadra en blouse blanche à l’accent teuton : « Est zeu keuh la France a gaghné ? »

Hein ?

Ah oui c’est vrai, le monde réel, on n’est plus à Walt Disney.
par Maxime Gouache
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